Quand après une semaine pourrie je reçois un courrier à propos d'un article que j'ai soumis il y a bientôt deux ans et qu'on me demande de réécrire une je-sais-plus-combien-tième version du texte
Quand après une semaine pourrie je reçois un courrier à propos d'un article que j'ai soumis il y a bientôt deux ans et qu'on me demande de réécrire une je-sais-plus-combien-tième version du texte
Une des raisons pour lesquelles je me suis orientée vers la recherche, c'est parce que je n'avais pas envie de vendre des trucs.
Et ben, je me suis bien mis le doigt dans l'oeil, parce que l'après-thèse consiste essentiellement à se promouvoir et à vendre ses travaux, pour essayer de décrocher le jackpot (un poste ou un post-doc).
Quand tu n'es pas en train de maquiller ta thèse comme un camion volé pour essayer de la faire rentrer dans le champ d'étude de cette annonce de post-doc trop bien payé...
...tu es en train de vendre à la criée ton projet de recherche au CNRS....
Bref, jeune docteur, c'est quelque part entre mac et poissonnier.
...
... mais juste un message d'excuse.
Depuis mai 2012 mon adresse mail "lapinthesarde@gmail.com" ne renvoie plus les messages vers mon adresse principale que je consulte régulièrement.
Je viens tout juste de m'en apercevoir. J'ai des tas de mails en souffrance (oui, je suis un peu une star, c'était le sens caché de ce message) et j'essaie d'y répondre au plus vite, promis.
Sinon oui je n'ai pas abandonné ce blog, mais je croule un peu sous le travail
Voilà
Depuis que j'ai soutenu ma thèse, je développe de nouveaux symptômes, dont celui que l'on pourrait appeler le symptôme de l'ancien combattant.
De quoi s'agit-il ? Un besoin irrépréssible, dès que l'occasion se présente, de raconter ma soutenance (en insistant bien entendu sur son caractère épique et sur son corollaire, mon grand héroïsme)
Je ressens aussi le devoir de partager ma (très) grande sagesse avec les non-initiés
Ce qui en soi est une grande blague, parce que je devait à peu près ressembler à ça avant mon jour J :
Enfin, le plus important : bonne chance à S. pour demain (et à A. et S. qui suivront après)
ça y est, j'ai soutenu ma thèse et je suis officiellement docteure.
La question que tout le monde (si si, tout le monde) se pose : mais alors, ce blog, il va disparaître ?
Et bien non. Comme vous avez pu le voir, j'ai juste changé le titre. Vu que bon, je suis toujours précaire/non titulaire/pauvre, j'essaie toujours de convaincre la grande communauté académique de l'intérêt de mes travaux, et la BNF est toujours ma deuxième maison. Je pense que j'aurai donc de quoi nourrir encore quelques temps ce blog.
La deuxième question que tout le monde se pose : et la soutenance c'était comment ?
Je vais passer sur le moment où je me suis rendue compte qu'il y avait un cours dans la salle où j'étais censée soutenir.
Et aussi sur celui où je me suis aperçue qu'il n'y avait pas assez de chaises et que j'ai du aller interrompre le cours d'à côté pour réquisitionner une quinzaine de sièges.
Je passerai aussi sur les longues heures où j'ai juste eu l'impression d'être rôtie à petit feu par les membres du jury.
Finalement, ce qui est important, c'est la fin. Quand devant famille et ami-e-s on vous annonce que ça y est, la guerre est finie et qu'on vous le donne, ce putain de diplôme.
Alors courage à toutes celles et ceux qui sont encore en train de se battre, ça vaut le coup.
Tant que j'y suis, je voulais dire que faire ce blog en tant que thésarde m'a bien amusée, mais aussi aidée, parce que c'était chouette d'avoir tous vos messages. Donc un grand merci d'avoir suivi ce blog et de votre soutien :)
Et en route pour de nouvelles aventures !
J'en étais donc à raconter mon "après dépot de thèse".
Au bout d'un certain temps, des symptômes de manque sont apparus
Du coup, quand j'ai vu une annonce pour 15h de vacations concentrées sur quelques jours, j'ai sauté sur l'occasion, de m'occuper (bon et surtout j'avais vraiment besoin d'argent).
Après avoir indiqué ma situation et demandé si cela ne posait pas de problème administratif, et que l'on m'ait répondu que c'était ok, je me suis donc lancée corps et âme dans une intense préparation de cours.
Et puis un soir, alors que je venais de mettre un point quasi final à mes notes préparatoires, un enseignant m'envoie les "documents concernant les vacataires". Vu qu'il y était écrit en gras souligné italique que "avant toute prise de fonctions, il vous appartient de vérifier préalablement que vous remplissez les conditions de recrutement ci-dessous (Décret n°87-889 du 29 octobre 1987)", j'ai lu avec attention les documents en question.
Et là, le doute m'a assailli...
Le lendemain, alors que j'appellais le secrétariat de l'université pour discuter du problème,ceci a donné lieu à une conversation particulièrement surnaturelle
Ironie de l'histoire, tout ceci est arrivé le jour où un document circulait sur toutes les boites mails, pour annoncer la levée de la clause d'âge pour les vacations.
Du coup, j'ai attendu toute la journée pour voir s' il allait se passer quelque chose, et quand j'ai enfin eu un coup de fil....
... ce n'était pas ce que j'espérais :
Il y a quelque chose de pourri dans le royaume universitaire, mais ceci n'est ni propre à la France, ni à notre époque de merde.
J'avais lu ce passage assez édifiant dans un bouquin sur Norbert Elias " [In Heidelberg] he met and became friends with Karl Mannheim, who was four years older and a step ahead of Elias in the hierarchy, occupying the position of Privatdozent, an unpaid lecturer. Elias assisted Mannheim in his teaching, unofficially and unpaid" (R. Van Krieken, Norbert Elias, London : Routledge, 1998 : p.15)
Oui je sais, je n'ai pas publié de billet, depuis plus d'un mois alors que j'ai fini ma thèse et que j'aurais eu plein de chose à raconter.
Mais j'ai une bonne excuse.
Si je n'ai pas mis à jour ce blog, ce n'est pas parce que j'étais occupée à boire des coktails et fumer des cigares vu que, maintenant que j'ai déposé ma thèse, ma vie est super méga cool.
Non, car sachez-le, chers lectrices et lecteurs, l'après thèse ça n'est pas forcément sea,sex, and sun, amour, gloire et beauté ni même luxe, calme et volupté. En tout cas, pas en ce qui me concerne, vu que j'ai souffert de sacrés syndromes post partum.
Les premières semaines, j'ai alterné phases dépressives...
... et phases maniaques...
... et re-phases dépressives
Bref, l'après-dépot, ça a pas été la fête du slip. Dur dur de ne presque plus être thésarde !
xoxo
[Enfin, je ne veux pas casser l'ambiance, certains le vivent bien hein !]
Si Jordy avait fait une thèse, il aurait sans doute sorti un autre tube : "C'est dur dur d'être thésard !".
Et d'être thésarde, n'en parlons pas...